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Keynote Presentation Summary
miyopimatisiwin : renforcement des collectivités grâce au rapatriement culturel
En langue crie, le terme miyopimatisiwin signifie « la bonne vie ». Selon les anciens, ce concept représente un idéal à atteindre. Pour les Nehiyawak (Cris), le concept de miyopimatisiwin se base sur les « lois naturelles nehiyaw » du Créateur, prônant la gentillesse, le partage, l'honnêteté ainsi que la force et la détermination, et il englobe tous les aspects du développement personnel (physique, affectif, intellectuel et spirituel).
Dans la société traditionnelle nehiyaw, des rôles et responsabilités liés à la survie de la nation étaient attribués à chaque membre, leur donnant ainsi une raison d'être. Chaque individu était valorisé pour ce qu’il avait reçu du Créateur et qu’il pouvait donc partager avec le reste de la collectivité. Avec l’adoption de politiques assimilatrices approuvées par le gouvernement fédéral, les sociétés traditionnelles nehiyaw ont été transformées et la plupart des rôles, responsabilités et enseignements que l’on y trouvait ont été oubliés. Les blessures que ces transformations ont causées sont ressenties depuis plusieurs générations : de nombreuses personnes et des collectivités entières sont toujours en quête de leur identité et de leur place dans la société. Un des thèmes qui sera abordé est l'exploration des cérémonies cries (nehiyaw isihcikewina) et le rôle qu’elles jouent sur la fierté, l’autoefficacité et l’adoption de comportements sains chez les Cris, ainsi que sur le renforcement de leurs collectivités, des sociétés dynamiques et autosuffisantes qui visent à atteindre le miyopimatisiwin.
James Andrew Makokis
Âgé de 25 ans, James Andrew Makokis est né au sein de la Première nation des Cris de Saddle Lake au nord-est de l’Alberta où il a grandi avec sa sœur aînée Janice dans une grande famille élargie. James a fréquenté l’Université de l’Alberta où il a obtenu en 2004 un baccalauréat ès sciences avec spécialisation en nutrition et sciences de l’alimentation. Il poursuit des études supérieures à l’Université de Toronto pour obtenir en 2006 une maîtrise ès sciences de la santé, nutrition communautaire. À l’heure actuelle, James fréquente l’École de médicine de l’Université d’Ottawa d’où il prévoit terminer sa formation médicale de premier cycle en 2010.
James Makokis a participé à des projets de recherche dans différentes collectivités autochtones. Ces projets faisaient l’étude des influences socioculturelles de la surcharge pondérale chez les enfants cris de la baie James, des expériences vécues par les autochtones atteints du VIH/SIDA dans l'année suivant leur diagnostic et, plus récemment, des effets de la dialyse et des affections rénales chroniques sur les familles et la collectivité de Saddle Lake. Pendant son baccalauréat, James a fait du bénévolat au sein du programme « Streetworks » d’Edmonton, où il aidait à la distribution de fournitures de réduction des méfaits aux sans-abris vivant dans les rues de la ville. Il a aussi été un collaborateur et chroniqueur bénévole pour les éditions du magazine Spirit touchant les domaines de la santé et du mieux-être. En mars 2007, James a reçu le Prix national d’excellence décerné aux Autochtones, dans la catégorie Jeunesse. Il est actuellement le porte-parole national du Programme de modèle d'identification à l'intention de la jeunesse de l’Organisation nationale de la santé autochtone. Adepte de la course, James Makokis a déjà terminé quatre marathons.
À la fin de sa formation de premier cycle, James a l’intention de retourner dans sa communauté afin de contribuer à l’amélioration de la santé générale, d’apprendre le nehiyawewin (langue crie), et de s’adonner aux cérémonies nehiyawak (cries) plus régulièrement.
Dr. Leona Makokis
Mme Leona Makokis, Ph.D., est membre de la Nation crie de Kehewin et une ancienne élève du pensionnat Blue Quills. Au milieu des années 1960, elle s’inscrit au programme de secrétariat offert au collège d'agriculture et des métiers (le Collège Lakeland) à Vermilion (Alberta). Dès l’introduction au collège Blue Quills du programme menant au baccalauréat en administration, offert par l’entremise de l’Université Athabasca, Leona Makokis s’y inscrit et obtient son diplôme, en 1979. À la fin de ses études, elle est embauchée à titre de directrice exécutive du collège Blue Quills, poste qu’elle occupe jusqu’en 1988.
En 1989, après avoir obtenu un B.Ed/AD – secondaire de l’Université de l’Alberta, elle revient au collège Blue Quills à titre de rectrice. En 1992, elle poursuit sa formation en s’inscrivant à un programme de maîtrise avec spécialisation en leadership éducationnel à l’Université de San Diego, d’où elle obtient son diplôme en 1994. En 1995, elle est acceptée au programme de doctorat de l’Université de SanDiego. En 2001, elle y défend son mémoire intitulé Teaching from Cree Elders: A Grounded Theory Study of Indigenous Leadership. Pendant sa maîtrise et son doctorat, Leona Makokis a réussi à travailler à temps plein comme présidente du Collège de Blue Quills.
Das le cadre de ses fonctions au collège, Leona Makokis continue à enseigner dans les programmes de leadership et gestion, et d’immersion en langue crie. De plus, elle coprésente et coanime une multitude d'ateliers avec divers membres de l’équipe collégiale. Elle dirige actuellement plusieurs projets de recherche.
Mme Makokis détient des doctorats honorifiques de l’Université de l’Alberta et de l’Université Athabasca. Elle a également reçu le prix « Educator of the Year » de la nation crie d’Enoch et a été reconnue comme « Woman of Vision » par le YWCA d’Edmonton.
Leona Makokis attribue son succès à son esprit d'équipe et sa capacité à saisir les occasions d'apprentissage que lui offraient sa collectivité, les Anciens et les cérémonies. Elle garde en mémoire l’héritage des véritables visionnaires des années 1970 qui ont pris « leurs responsabilités en ce qui a trait à l’éducation de leurs enfants ». Mme Makokis est d'avis que c’est aux gens de sa génération de prendre la relève et de contribuer à la réalisation des rêves de leurs parents et grands-parents. Elle se dit consciente et reconnaissante du soutien constant qu’elle a reçu des membres du conseil d’administration, du personnel et des étudiants du Collège de Blue Quills. Elle remercie également sa famille d’avoir toujours été là pour elle.
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